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EXPLORATIONS DANS LE JURA VAUDOIS


LES CHAUDIÈRES D'ENFER


[ Coupe ( Grande Chaudière ) ]


Les Chaudières d'Enfer, au nombre de deux, sont des émergences temporaires qui servent de trop-plein à la Source de la Lionne située dans le village de l'Abbaye. La Petite Chaudière d'Enfer se trouve juste au dessus de la source, tandis que la Grande Chaudière d'Enfer se trouve 100m au NE de la petite et une vingtaine de mètres plus haut en altitude.



Historique

Connues depuis des siècles par les habitants de la région, elles avaient été visitée depuis longtemps dans leur première partie, soit une dizaine de mètres pour la petite et jusqu'au siphon à 40m de l'entrée pour la grande. Pour cette dernière, de vieux écrits signalait qu'elle était remarquable par son étendue (des chiffres donnent 4km) et sa beauté. Il est donc évident que cette description a éveillé très tôt la curiosité des spéléologues; en 1950 la section de Lausanne (GSL) fait donc une inspection minutieuse des deux grottes, mais le développement cumulé ne dépasse pas 100m ! En 1957, puis en 1960 la plongée (GSL-CSSL) du siphon de la Grande Chaudière n'apportera rien de nouveau.

De 1970 à 1973, les plongeurs du GLPS vont alors se focaliser sur les différents siphons des sources. Dans la Grande Chaudière un point bas est atteint à -9m, mais des blocs instables les empêchent de continuer. Dans la Petite Chaudière, ils franchissent un premier et court siphon, puis un deuxième de plus grande longueur qui est suivi d'une courte zone exondée. Dans cette Petite Chaudière une nouvelle plongée des années plus tard par le SCN permettra d'explorer encore un troisième siphon, mais les cavités tomberont alors dans l'oubli.

En 1999, le GSL et le SCVJ obtiennent enfin l'autoriation de la commune pour vider le siphon de la Grande Chaudière, autorisation qui était attendue depuis près de .... cinquante ans ! Un pompage fut alors mis sur pied et en automne 1999, l'entreprise est couronnée de succès. De nombreuses expéditions seront organisées lors des hivers 2000, 2001 et 2002 et plus de 1300m de galeries souvent argileuses seront explorées en interclubs.



Petite Chaudière d'Enfer
Développement :  110m
  Dénivellation     :  -20m

S'ouvre par un puits circulaire de 2-3m de diamètre pour 6m de profondeur dont base donne sur deux galeries aux départs opposés. Au NE, c'est un boyau étroit menant dans une petite salle suivie d'un nouveau boyau butant sur une faille transversale impénétrable. Au SW, un conduit plus agréable mène dans une petite salle où un boyau rejoint la surface (orifice impénétrable). En face, deux couloirs superposés mènent au premier siphon qui peut être court-circuiter par un passage étroit, puis un deuxième siphon est suivi d'une galerie exondée qui se divise en deux boyaux rapidement impénétrables. Un troisième siphon est en cours d'exploration; une jonction avec la Grande Chaudière est espérée ...

Cette émergence fonctionne plusieurs fois par année, lorsque le débit de la Source de la Lionne dépasse 2500 litres/seconde. Lors des grosses crues, le spectacle est de toute beauté.



Grande Chaudière d'Enfer
Développement :  1300m
  Dénivellation     :  107m (+69;-38)

Vu la complexité de cette grotte, nous nous contentons ici d'une description très sommaire.

Orifice circulaire de 1m de diamètre menant à une rampe presque verticale suvie d'une pente d'éboulis et d'une chatière débouchant dans une faille transversale; une courte galerie assez confortable mène alors à la vasque du siphon.

Une fois vidé, on peut emprunter une pente de galets jusqu'à un passage bas derrière lequel on remonte de 2m entre des blocs coincés. Depuis là, la cavité devient très argileuse et dans la première partie du trajet jusqu'à la Descente aux Enfers, on suit une galerie en dents de scie où l'obstacle principal est une voûte mouillante. On y croise de nombreuses cheminées, une zone où la galerie principale se dédouble et plusieurs départs latéraux qui se greffent sur les côtés. Deux d'entre eux donnent sur des courtes galeries menant à des siphons (l'un étant le point bas de la cavité à -38m) et un troisième départs (escalade en deux étapes) donne accès au Réseau de la Goutte qui se développe au dessus du trajet principal et qui est caractérisé par une série de boyaux phréatiques. Au terminus de cette première partie, on emprunte un laminoir large de 5m et fortement remontant qui finit par devenir impénétrable.

Vingt mètres avant, un trou dans le plancher permet d'accéder à la Descente aux Enfers où une série de puits et de rampes inclinées (le tout très boueux) mènent une centaine de mètres plus bas sur une galerie occupée par un plan d'eau (siphon). Un passage en vire permet d'éviter l'obstacle et après un nouveau plan d'eau, on reprend la remontée dans une belle et vaste galerie (Grande Rampe). Au sommet de cette dernière commence alors une zone labyrinthique qui schématiquement peut se diviser en deux branches :

La première est un dédale de boyaux et de ressauts constituant le Réseau du Chaudron; la galerie principale de ce réseau descend jusqu'à un bassin et remonte ensuite pour aboutir à deux siphons encore non plongés.

La deuxième passe par dessus le réseau précédent et remonte le long des couches; c'est le Réseau des Diablotins Essouflés. Dans sa première partie, plusieurs départs sur les côtés rejoignent le Réseau du Chaudron ou donnent sur des annexes sans intérêts, puis à partir de la Galerie de l'Etoile du S..., il n'y a plus qu'un seul conduit. Après un coude sur la gauche, les dimensions s'amenuisent et à la fin 15m de ramping dans un boyau humide mène au terminus constitué par une obstruction de sable et d'argile; c'est le point haut de la grotte à +69m.

Au même titre que la Petite Chaudière, cette cavité sert de trop-plein à la Source de la Lionne, mais l'orifice ne fonctionne qu'exceptionnellement.




Photographies




Toutes les photos et illustrations ©GSL et leur(s) auteur(s) respectif(s)