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EXPLORATIONS
DANS LE JURA VAUDOIS
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GLACIERE DE CORRENTANAZ |
| Cette cavité se trouve au milieu du Pré de Saint-Livres (commune de Bière) ce qui fait qu'elle est aussi connue sous le nom de Glacière du Pré de Saint-Livres. Son vaste orifice entouré d'une couronne de sapins est bien visible au milieu du pâturage. |
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Connue
depuis de nombreuses générations elle est aussi la première
caverne mentionnée dans la littérature vaudoise puisqu'en
1737 Seigneux de Correvon la décrit
en ces termes : |
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"
Comme dans ce grand vilain trou |
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Au
19ème siècle, les scientifiques vont trouver avec les
cavernes un nouveau terrain d'études et les glacières
ne vont pas échapper à leurs investigations. Celle de
Correntanaz, qui était alors exploitée pour sa glace,
sera notamment étudiée par Pictet
(1822), Dulac (1822), Thury
(1861), Browne (1865), Schwalbe
(1886) et Fugger (1888). |
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| Développement : 104m | |
| Dénivellation : -45m |
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Entonnoir
d'environ 50 mètres de diamètre dont le pourtour boisé
(sapins, arbustes, ...) est ceinturé par une clôture et
un muret. Dans la partie sud, un portail protège le départ
d'une sente avec des marches taillées menant à une échelle
fixe en acier; cette dernière permet alors de descendre un cran
vertical jusqu'au sommet du glacier. La pente qui fait suite ne se présente
par contre pas toujours de la même façon. Bien souvent,
il n'y a plus de névé et la partie en glace est recouverte
de terre, mais suivant les conditions météorologiques
hivernales on peut trouver de la glace vive de. A la base de cette pente
(glacier), on rejoint le sol rocheux qui est encombré de gros
blocs. |
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Calcaires du Portlandien. |
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La Glacière de Correntanaz est la plus importante du Jura vaudois par son volume de glace (estimé à 3500 m3 en 1960) et du point de vue scientifique c'est une glacière dite "statodynamique", car la glace se forme de deux façon différente qui sont les suivantes : |
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1) Glacière dynamique : Chaque année, une nouvelle couche de neige vient s'ajouter au volume du glacier, puis se cristallise progressivement et devient glace. On observe ainsi différentes "couches" (strates) de glace séparées par des niveaux avec accumulation de débris, (humus, brindilles, etc...) qui correspondent au périodes d'été. |
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2) Glacière statique : Contrairement au mode de fonctionnement précédent, la glace est formée par le gel et le regel des eaux d'infiltrations et de condensation. Cette glace est plus vitreuse et il n'y a pas de strates d'éléments extérieurs (humus, ...). |
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Ces dernières années on a constaté par ailleurs une diminution du volume de glace par le fait que les hivers ont été moins rudes (réchauffement du climat ?). |
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Pour
terminer ce paragraphe on peut encore signaler que la glace a été
très tôt exploitée, mais au début et comme
dans d'autres glacières du canton, peut-être uniquement
pour alimenter les abreuvoirs à bétail (en été
l'eau est rare). Ensuite, pendant une période qui s'étale
du 19ème siècle au début du 20ème siècle,
l'exploitation a été plus importante bien que l'extraction
se fasse encore de façon artisanale. Lors des dernières
années, la glace était stockée au village de Bière,
puis vendue aux brasseries lausannoises. |
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Chaque année de nombreux randonneurs ne résistent pas à l'envie de descendre au fond de la glacière pour admirer les lieux. Si la plupart d'entre eux le font avec prudence, nous en avons vu qui ne se doutaient pas des dangers que présentait la visite dans les conditions du moment. Sans tenir compte d'une glissade depuis le côté nord de l'entonnoir d'entrée qui se transformerait à coup sûr en une chute fatale (ce cas est vraiment hypothétique), il y a deux autres dangers qu'il ne faut pas sous estimer et qui sont : |
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En hiver et aux printemps, la glacière est parfois joliment décorée au plafond par des stalactites de glace dont certaines peuvent avoir des dimensions respectables. C'est très joli, mais en prendre une sur la tête pourrait provoquer plus qu'un mal de crâne !?! |
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La descente de la pente du glacier est facile si ce dernier est recouvert d'humus, mais en cas de glace vive une glissade peut avoir de fâcheuses conséquences car au bas de la pente il y a de nos jours un ressaut de plusieurs mètres. |
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Sans vouloir faire de la morale, nous attirons donc l'attention des futurs visiteurs sur ces risques afin qu'ils prennent toutes les précautions. Par ailleurs, le port d'un casque est conseillé et une corde d'assurance peut s'avérer utile suivant les conditions. |
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Anon. (1900) : Grotte Glacée du Pré-St-Livres. - Spelunca Mémoire, 24(6) : 39 |
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Aellen V. et Strinati P. (1975) : Guide des grottes d'Europe occidentale. - Delachaux & Niestlé, Neuchâtel, Paris : 316 p. |
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Albanesi C. (1942) : Course à la Glacière de St-Livres. - Revue Polytechnique, Genève, 938, : 3859-3860 |
|
Audétat M. (1961) : Essai de classification des cavernes de Suisse. - Stalactite, 4(6) |
|
Audétat M. et Guignard J-P. (1962) : La spéléologie dans le Jura suisse, la Vallée-de-Joux et ses environs. - Actes du 2ème congrès international de spéléologie, Bari-Lecce-Salerno, 1, 5 au 12 octobre 1958 : 257-273 |
|
Baron P-J. (1969) : Spéléologie du canton de Vaud. - Editions V.Attinger, Neuchâtel : 546 p. |
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Browne G-F. (1865) : Ice Caves in France and Switzerland. - London, Longmans : 315 p. |
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Brulhart D. (1998) : Glacières du Jura vaudois. - Travail de diplôme, Institut de géographie, Université de Lausanne : 77 p. |
|
Dulac J-A. (1822) : Glacières naturelles. - Annales de Physique et Chimie, Genève, S.2, 21 : 113-127 |
|
Dutruit J. (1991) : Glacière de Correntanaz. - Le Trou, 52 : 36-41 |
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Fugger (1888) : Beobacht in den Eisenhöhlen. - Salzburg |
|
Pictet A. (1822) : Glacières naturelles. - Bibliothèque Universelle, Genève, S.1, 20 : 261-284 |
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Schneider C. (1964) : Glacière du Pré de St-Livres. - Les Alpes, chroniques, 40(8) : 182-183 |
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Schwalbe (1886) : Ueber Eishöhlen und Eislöcher. - Berlin : 3-8 |
|
Strinati P. (1966) : Faune cavernicole de la Suisse. - Annales de spéléologie, Paris |
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Seigneux de correvon G. (1737) : Voyage fait à la fin de juillet 1737 dans les montagnes occidentales du pays de Vaud. - Mercure Suisse, Neuchâtel, 16 : 16-33 |
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Thury (1861) : Etudes sur les Glacières naturelles. - Archives des Sciences Physiques et Naturelles, Genève, 10 : 97-153 |
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